Okoukao

D’accord/Pas d’accord, c’est l’espace débat de wearemusik.
La multiplication des points  de vue ne donne pas naissance à une vérité unique mais une vision globale d’un sujet à débat. C’est le rôle de d’accord/pas d’accord
Le streaming est-il un risque pour l’industrie de la musique ou le salut de la filière ? Doit on avoir peur de streaming et de ses faible redistribution ?  D’accord/Pas d’accord s’intéresse au débat lourd de la filière…le streaming musical.

On peut commencer avec un service illégal, devenir légal en passant en force, être une success story à la française avant de devenir le poil à gratter des internautes.
Non, je ne défends pas Deezer.

Deezer, c’est juste l’exemple d’un service web qui apporte de la valeur en rendant légal une pratique (l’écoute en streaming) qui semble avoir un impact sur le P2P (transfert des download découverte vers une écoute en stream).
Deezer c’est un service qui repose, comme tous les sites de streaming sur un (mythique ?) financement e la publicité.
Deezer, c’est comme les autres sites de streaming, un paradoxe à cultiver. Augmenter ses écoutes et son catalogue pour fidéliser et accroître son audience (en augmentant aussi ses dépenses).
Deezer, c’est comme les autres sites de streaming, une sensation (immensurable pour le moment) d’une dévalorisation du contenu et donc une sensation pour les ayant droit de se faire brader sur l’autel de l’écoute à la carte.
Enfin, le streaming est un secteur avec une grosse concurrence ou le combat de « celui qui a la plus grosse » offre se complète de celui qui a le meilleur service.

Pour la part, je suis utilisateur de Deezer pour la partie player à exporter Spotify pour les playlist, musicme pour son interface et Jiwa quand je suis sur un vieux OS qui ne gère pas Flash 10. Pas de militantisme donc.
Je ne prêche pas pour une paroisse ou pour une autre. Chaque site de streaming a ses avantages sa stratégie et ses défauts.

Le soldat Deezer comme tous les sites de streaming sont en danger. Être le bouc émissaire d’une industrie en crise, la soupape qu’on fait péter pour se dédouaner.
Le problème ? La notion de dévalorisation et la maigre répartition des revenus par écoute.
Lors du MaMA du printemps de Bourges, j’ai eu une grande discussion avec l’équipe de la FEPPIA, très remonté par les taux de rémunération de Deezer, à des années lumières d’une rémunération pour un passage sur une radio FM.
Pour eux, Deezer doit fermer. Trop injuste, trop inégale, trop illégal le passage en force.
Soit.
Mais doit on s’acharner sur des sites musicaux qui rémunèrent très peu et laisser carte blanche à Youtube, Myspace et consort qui diffusent du contenu sans aucune rémunération au prorata de l’audience ? Certes, certains acteurs arrivent tant bien que mal à générer un revenu via ses sites suite à de longue négociation comme ce fut le cas récemment avec MERLIN et Dailymotion. Mais quid des sources de rémunération pour les autres ?
Alors, ne nous trompons pas de combat. Les sites de streaming payent peu mais payent. Souhaitons une rémunération plus transparente et plus claire pour chaque stream. Souhaitons des services d’authentification des auditeurs (la plupart abonnés aux sites et donc identifiable) pour de meilleures retombées pour les créateurs de contenu. La valeur de ces baromètres d’écoute n’est pas seulement dans les centimes au clic mais aussi dans les processus d’identification du public. Qui écoute quoi quand où et comment.
Rêvons d’une rémunération (par licence ? à l’acte ?) des sites diffusant du contenu, générant un CA via l’audience grâce à cette diffusion de contenu.
Ne nous trompons pas de cible. La relation producteur de contenu/ site de streaming est précaire mais l’avenir de la filière passe par des sites de streaming intelligents et performants.
L’avenir du stream passe par l’innovation et la mise en place de service premium mais il passe aussi par un deal gagnant/ gagnant entre producteur et sites. Chaque site mets en place sa stratégie innovante.

Il faut sauver le soldat Streaming, le mal n’est pas de diffuser gratuitement, cette dévalorisation du contenu existe de facto par la technologie, le but est d’en tirer le maximum d’avantages et de construire une relation durable entre les producteurs de contenu et le site de stream.

Comments/Trackbacks/Pingbacks
  1. Olivier R. dit :

    Tout a fait d’accord avec bcp de choses. Le streaming est le moins pire des avenirs en termes de droits, pour les artistes… Alors OK, ils ne paient pas bcp, mais si on attendait déjà qu’ils soient rentables, avant de comparer avec des radios qui sont rentables, elles. N’oublions pas que nous sommes sur un modèle en émergence, en construction… (non je n’ai aucune part dans un site de streaming !).

    J’ai un problème avec Deezer, c’est la porte fermée aux artistes en prise directe avec eux. Le principe : je peux uploader mes mp3 mais pas les partager me semble abérrant. D’un autre coté, on peut imaginer la tête des majors qui ont passé accord si on leur dit : « vous allez rire, vos artistes sont en conccurence avec des gens non signés qui font mieux qu’eux »…

    Le modèle Spotify avec abonnement me semble plus viable à terme… mais c’est juste de l’intuitif. En tout cas,payé un peu en streaming ou pas payé du tout parce que ta musique est diffusable à l’infini sans que tu puisses y faire quoi que ce soit ? Hum, être contre serait criminel pour la suite, à mon sens…

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